Les écoles au Canada-français (1635-1858)
En Nouvelle-France...Les 300 colons de la Nouvelle-France confient l'instruction de leurs enfants aux Jésuites.
Un peu plus tard, on soumet les filles aux bons
soins des Ursulines.
1763: le Séminaire de Québec prend la relève des Jésuites en se chargeant de l'instruction au niveau du secondaire. La même année, la France cède le Canada à l'Angleterre (Traité de Paris).
1774: l'Acte de Québec permet aux habitants le choix de leur langue et de leur religion.
1787: Lord Dorchester met sur pied le premier comité chargé d'enquêter sur l'état de l'enseignement au Canada. Le but visé: permettre l'instruction à tous, même aux plus pauvres et aux plus éloignés.

1793: on compte plus de 150, 000 Canadiens-Français.
Côté enseignement, c'est pitoyable! 17 écoles situées surtout à Québec, à Trois-Rivières et à Montréal.
Chez les francophones catholiques, depuis les débuts de la colonisation, l'instruction des enfants est à la charge des colons et de la fabrique. Or, ces gens se sont déjà tellement endettés à édifier leurs églises ou leurs chapelles qu'ils ne peuvent, en plus, assumer le financement des écoles et le salaire des enseignants. Alors, quelques mères de familles vont accueillir chez elles, dans leurs cuisines, les enfants des environs pour leur apprendre les rudiments des lettres et des chiffres.
Mais, les livres sont rarissimes. Il faut les importer puisqu'il n'y a pas encore d'imprimerie en Nouvelle-France; d'où des frais supplémentaires. On doit souvent s'accommoder d'un seul livre d'arithmétique et d'un seul cahier d'écriture pour tous les enfants d'une même famille quel que soit leur niveau d'apprentissage. Dans ce cahier à doubles lignes, on remplit tout espace disponible; on inverse même le cahier pour tout utiliser. Gare au gaspillage! On gardera longtemps dans la mémoire que l'instruction , ça coûte cher.
Chez les Protestants anglophones, par contre, après la Conquête, c'est le gouvernement qui défraye les coûts des écoles et du matériel en plus de payer le salaire des maîtres d'écoles. L'alphabétisation des Anglophones prend donc le pas sur celle des Francophones.
1801: on instaure le système scolaire.
Les petites écoles de rangs poussent partout à travers le Québec.

1812: la guerre sévit entre les Anglais et les Américains. Cela amènera des perturbations économiques pendant les deux années de sa durée.
1814: création de l'Institution Royale dont le mandat sera d'établir un système d'études supérieures.
1821: la variole détruit une grande partie de la population indienne. Pendant ce temps, à Québec, on travaille à rendre l'instruction accessible à tous et particulièrement aux démunis. Ce n'est certes pas une tâche facile puisque 90% de la clientèle francophone vit à la campagne.
1832: l'idée de commissions scolaires
telles qu'on les connaît aujourd'hui commence à germer. On compte 80 écoles Royales (sous responsabilité gouvernementale) chez les Protestants Anglais contre seulement 49 écoles de fabriques chez les Catholiques Francophones.
1836: le nombre total des enseignants avoisine les 1400; 96% d'entre eux sont laïcs.
1837: la révolte des Patriotes, au Pied du Courant, la bataille de Saint-Eustache, Louis-Joseph Papineau (1814-1838), ...
1841: la loi de l'instruction publique est votée.
C'est le début du système scolaire primaire tel qu'on le connaît aujourd'hui.

1845: la création des commissions scolaires apporte quelques changements au système éducationnel. Les écoles de fabriques passent maintenant sous la juridiction des commissions scolaires. Désormais, les commissaires, élus par le peuple, ont le pouvoir de percevoir les taxes et la responsabilité de les utiliser à bon escient pour la construction de nouvelles écoles dont les coûts seront défrayés à 50% par le gouvernement lequel prendra aussi en charge le salaire des enseignants et les frais de scolarité des enfants pauvres.
1846: les futurs enseignants doivent étudier pendant dix années pour passer devant le bureau gouvernemental d'examinateurs avant d'être admis dans leurs fonctions.
1856: le Conseil et le Département de l'instruction publique sont constitués. Le D.I.P. deviendra plus tard notre Ministère de l'Éducation actuel.
1857: le gouvernement crée les Écoles Normales pour la formation des enseignants. 59% des enseignants sont laïcs et diplômés.
À cette époque, les anglophones ont déjà leur université (McGill) et les francophones ont un réseau de collèges classiques orienté surtout vers la formation du clergé et des professions libérales, médecine, droit, lettres surtout.
1888: l'Honorable Premier ministre Honoré Mercier inaugure l'école du soir. Salaire de l'enseignant: 3$ par jour.

|